La méthode Montessori

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Maria Montessori a été l’une des premières femmes médecin italienne, elle a développé une méthode pédagogique afin d’aider les enfants en difficulté. Elle parlait de l’enfant comme d’une personne non seulement digne d’intérêt, mais comme l’avenir de la société.

Sa méthode, basée sur l’observation de l’individu, parle de l’éducation, non pas comme une transmission de savoir, mais comme l’accompagnement du développement naturel de l’enfant ; elle mettait l’accent sur les capacités sensorielles, physiques et intellectuelles pour permettre à l’enfant de développer ses potentiels. Sa devise est : « Aide-moi à faire seul ».

  • Méthode Montessori adaptée à la personne âgée
Le concept de Maria Montessori a été enrichi au fil du temps et notamment aux Etats-Unis. L’apport des neurosciences a permis de mieux comprendre le fonctionnement cérébral et a mis en évidence que certaines zones du cerveau pouvaient rester actives tardivement dans le cas de maladies de type Alzheimer. Selon le Professeur Camp, « si le cerveau rationnel est altéré, le cerveau émotionnel fonctionne ; si la mémoire déclarative est altérée, la mémoire procédurale fonctionne. »

Le Professeur Cameron J. Camp est un neuro-psychologue américain travaillant au « Center for Applied Research In Dementia ». Il est marié à une enseignante formée à la méthode Montessori pour les enfants et père d’un enfant handicapé. Cet univers familial, ces observations et constatations l’ont amené à penser que si cette pédagogie était valable pour des enfants en difficulté, elle devrait fonctionner pour les personnes âgées en perte d’autonomie.

Selon le professeur Cameron J. Camp « les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de démences apparentées ont besoin d’un accompagnement riche en stimulations cognitives régulières, d’échanges et de participation sociale ainsi que d’un entrainement fréquent pour réduire leurs difficultés à accomplir les actes de la vie quotidienne. Le manque d’activité engendre souvent chez la personne, de l’apathie comme de l’anxiété ou de l’agitation. L’objectif principal de l’approche Montessori est de permettre aux personnes accompagnées de recouvrer une certaine autonomie dans les gestes du quotidien pour associer dignité et plaisir ».

Cette philosophie d’accompagnement promeut des notions telles que le développement et l’estime de soi, la liberté de choix, l’autonomie et le maintien des ressources.

La notion qui consiste à laisser du choix à la personne âgée et à lui re-proposer systématiquement des activités, est essentielle. Ce Choix est parfois réduit à une ou deux possibilités afin d’éviter une mise en échec, mais il est toutefois maintenu, dans l’optique de donner le pouvoir de décision à la personne.

Il est essentiel de ne pas tenir pour acquis un choix exprimé, mais de réitérer la demande.


La méthode Montessori adaptée à la personne âgée comporte 12 principes :

  1. L’activité devrait être porteuse de sens et capter l’intérêt de la personne.
  2. Pensez toujours à demander à la personne et à l’inviter à participer.
  3. Offrez du choix à chaque fois que c’est possible.
  4. Parlez moins, montrez plus.
  5. Les capacités physiques restent généralement assez bonnes, concentrez-vous dessus. Si la personne souffre de limitations physiques, concentrez-vous sur ce qu’elle sait encore faire.
  6. Adaptez votre vitesse à celle de la personne dont vous vous occupez. Ralentissez!
  7. Utilisez des modèles, des indices visuels, des gabarits pour guider la personne.
  8. Donnez à la personne quelque chose à tenir.
  9. Allez des tâches les plus simples aux plus complexes.
  10. Divisez une tâche ou une activité en étapes; elle sera beaucoup plus simple à suivre.
  11. A la fin, demandez : “Avez-vous aimé faire cela ?” et “Voudriez-vous refaire ça une autre fois ?”
  12. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de faire une activité. Pensez à l’engagement.
            De plus, ces principes sont axés sur :

La personne : son histoire de vie, ses goûts ou dégoûts, ses préférences, ses habiletés restantes ou altérées. Quel est l’objectif de l’activité pour la personne.

L’environnement : toujours important de choisir le lieu où va se dérouler l’activité, de      manière à diminuer les distracteurs.

Le matériel : doit être préparé avant l’activité avec des objets rappelant le quotidien,  avec des principes de présentation ; soit toujours de gauche à droite et de haut en bas. Concernant la police d’écriture, favoriser Arial en taille 40/48.

Le facilitateur : inviter la personne en demandant de l’aide, lui offrir un choix, parler lentement et le moins possible, mais être plus dans l’action. Penser à séquencer l’activité et la répéter si nécessaire, ajuster au besoin, soit en étant  plus complexe ou plus simple. Toujours préparer le même rituel de fin pour donner un repaire.